"Les filles portent en elles une violence cadenassée, à la fois produite et niée par un système dont il m’arrive de penser que le jeu consiste, in fine, à nous rendre folles. Schizo. Entre cette force enragée que nous savons avoir – puisqu’elle nous fait tenir – et le respect apeuré des normes qui nous camisolent. Tout ce temps passé en petites négociations intérieures. Seules, les filles contiennent la violence de l’histoire qui leur est singulière. La meute leur permet, à chacune individuellement de l’exprimer ensemble avec violence. La meute, c’est la forme la plus jouissive, la plus éclatante, du rapport de forces : une politisation de la violence. Car chacune porte en soi et vit avec cette émeute qui nous fait ensemble être émeutières. Émeute, c’est étymologiquement être émues en meute ; et là, je suis sûre que tu nous vois telles qu’on vit."
— FéminiSpunk - Le monde est notre terrain de jeu by Christine Aventin
